|
LA MIXITE DES CULTURES DONNE UN ART ET DES TRADITIONS RICHES EN COULEURS, EN SONS, EN SYMBOLES..
L'Art sud-africain reflète la richesse de l'histoire, de la philosophie, de la religion et des sociétés de ce vaste territoire. La tradition artistique porte sur la sculpture (statues et masques), l'architecture, les meubles, la poterie, le tissage et les bijoux. La parure corporelle, signe de distinction et de protection contre les mauvaises influences (peintures, scarifications et tatouages), les décors polychromes sur les habitations et les greniers, ainsi que les tissages forment également une part importante de la symbolique et de l'héritage artistiques. L'Art sud-africain, vision du monde visible et invisible, est un art religieux portant une attention scrupuleuse à la préservation des formes usitées. Les matériaux les plus courants sont le bois, la fibre, la peau, le métal (fer, bronze et or), l'ivoire, l'argile, la terre et la pierre. Les formes représentées dans chaque matériau varient d'un naturalisme relatif à un art totalement abstrait, les styles se conformant à la tradition esthétique de chaque zone culturelle (désert, savane ou forêt).Les Zulus ont intégré explicitement des valeurs sociales dans leurs arts et métiers avec notamment les fameuses "Love Letter", petits objets de perles. Bien plus qu'un simple passe-temps et objet purement décoratif, ces "love letter" permettent de véhiculer des messages, tant en terme de comportement entre les individus de sexe opposé qu'en interprétant des symboles et en leur donnant une fonction sociale. L'Art sud-africain a inspiré certains des courants les plus importants de l'Art Moderne du monde occidental, notamment le cubisme, début du XXème siècle, premier à reconnaître au travers d'un esthétisme déroutant les valeurs humanistes des populations d'Afrique, à admirer la puissance d'abstraction de cet art et ont trouvé là une stimulation pour mieux dépasser l'approche naturaliste. Le paysage est également au cœur de la peinture sud-africaine.Les premiers mouvements artistiques dans la population noire urbaine, sont apparus dans les années 50, issus des townships en périphérie de Johannesbourg ou Pretoria.Cet art se caractérise par sa diversité de styles mais ses interprètes partagent la distorsion expressive et l'absence de naturalisme.Aujourd'hui un grand nombre d'artistes se lancent dans un art reflétant leur propre environnement, tels Gavin Younge ou Michael Golberg pour qui l'art devient un outil du changement social.Une réelle maîtrise technique, rendue avec tant de naturel que l'on y a d'abord vu, à tort, une inspiration classique...La musique et la danse sont également l'expression et les symboles de la richesse culturelle de l'Afrique du Sud. La coexistence de différences raciales a eu pour conséquences l'émergence de mouvements culturels distincts ; les héritages, les traditions, les sensibilités transposent des genres musicaux différents, des inspirations complexes... du jazz aux musiques traditionnelles, des courants musicaux des townships aux nouvelles formes "plus sophistiquées" de chorale africaine ; la musique a longtemps permis toutes les aspirations à la justice, toutes les résistances, tous les espoirs du peuple Sud-africain. La "musique des townships", répandue en tant que telle dans les années 70 avec l'émergence de la "Conscience Noire", est rapidement devenue un moyen d'affirmation. Elle recouvre des genres musicaux et des formes urbaines d'expression culturelle aussi variés que, entre autres, les "Cape Malay Choirs", le marimba, le makwaya (chants traditionnels indigènes, réarrangés pour une interprétation chorale en harmonie à plusieurs voix) ou encore, tout récemment, le kwaito (musique traditionnelle mixée techno). De Miriam Makeba, chanteuse de jazz Sud-africaine, à Juluka, l'ancien groupe de Johnny Clegg, en passant par Joe Nina (pop) ou Mandla Kwanele, l'Afrique du Sud s'ouvre au monde en lui proposant un aperçu varié de ses talents. La musique et la danse ont longtemps servi pour exprimer rêves, désirs et frustrations du peuple Sud-africain. La danse a permis d'échapper à la torpeur des ghettos. Aujourd'hui, cet art connaît dans tout le pays un essor formidable et, malgré le peu d'argent qui lui est dédié, des spectacles de grande qualité fleurissent sur les scènes les plus réputées. Le développement de la tradition de la danse sud-africaine ne peut être séparé de la tradition du théâtre de représentation et du théâtre de protestation avec son mélange de chansons, de mouvements et de danses. La comédie de protestation a créé certains styles en matière de techniques de danse et de théâtre, à savoir le toyi-toyi (une danse populaire de protestation), mapuntsula (une danse de township), l'isicatamiya (une tradition chœur issue de mines et de foyers d'immigrants) et la danse Zoulou.
|